Spiritualité du Mouvement

Qui est Saint Ignace de Loyola ? Fêté le 31 juillet

Né à Loyola (Guipuzcoa) en 1491, Ignace vécut d'abord à la cour des Grands, puis se consacra à la vie militaire. Blessé au siège de Pampelune, il se convertit durant sa convalescence, et faute de trouver les célèbres romans de chevalerie du temps, il lit de nombreux livres religieux (Vie de Jésus, vie des Saints…). Dans un mélange de ferveur et d'anxiété, il voit en songe lui apparaître "Notre-Dame avec le Saint Enfant Jésus", il rejette "sa vie passée et spécialement les choses de la chair".

Il ne songe plus qu'à adopter une vie d'ermite et suivre les préceptes de Saint François d'Assise et d'autres grands exemples monastiques. Il se décide à se dévouer entièrement à la conversion des âmes en Terre Sainte. Par ailleurs, Ignace, en signe d'expiation veut partir en pèlerinage et toute sa vie, il recherchera les sites consacrés à la dévotion chrétienne.

Il devint pèlerin dans la tradition médiévale, "el pelegrino".

Après son rétablissement, il quitte en février 1522 la maison familiale pour rejoindre Jérusalem. Sur le chemin, arrivé au monastère bénédictin de Montserrat, près de Barcelone, il se confesse à un père et passe trois jours en prières.

Dans la nuit du 24 mars 1522, dans un geste de rupture avec sa vie ancienne de militaire, il accroche ses habits militaires et ses armes devant la statue de la Vierge noire.

Vêtu d'un simple tissu, une espèce de soutane en toile, avec une corde en guise de ceinture, l’home del sac (en catalan), veut reprendre la route pour Jérusalem en passant par plusieurs pays.

Il commence la rédaction de ce qui deviendra les Exercices spirituels. Depuis sa "conversion", Ignace avait pris l'habitude de consigner dans des carnets, les extraits les plus frappants des textes qu'il lisait. Lors de son séjour à Manrèse, il prend l'habitude de consigner ses expériences dans un cahier, une sorte de journal intime qui deviendra l'un des livres clés de la spiritualité Ignacienne.

Il étudia la théologie à Paris ; c'est là aussi qu'il posa les premières fondations de la Compagnie de Jésus. Ordonné prêtre à Venise en 1537, il se rendit à Rome la même année. Trois ans plus tard, en 1540, il y fonda la Compagnie ; il en fut élu le premier Préposé Général, au début de l'année suivante.

Il contribua de mille manières à la restauration catholique du XVIe siècle et fut à l'origine d'une nouvelle activité missionnaire de l'Église. Il mourut à Rome en 1556 et fut canonisé par Grégoire XV en 1622.

 

La spiritualité Ignacienne

La spiritualité ignacienne se réfère à l’expérience de saint Ignace de Loyola (1491-1556), qu’il résume ainsi : "chercher et trouver Dieu en toutes choses." Au fil de sa vie, Ignace découvre petit à petit combien la rencontre de Dieu en toute liberté peut produire en chacun joie profonde et confiance. L’Evangile et la personne de Jésus, humain, incarné, proche et serviteur, ne cessent de l’inspirer, de le mener toujours davantage vers Dieu. Ainsi, de l’expérience de saint Ignace, découlent ces éléments de la spiritualité ignacienne :Une grande confiance en chaque homme, à qui la rencontre de Dieu est offerte La foi placée au cœur de notre vie quotidienne par la prière, la fréquentation de la Parole de Dieu, l’accompagnement ou encore la découverte de ses mouvements intérieurs et le discernement spirituel. L’ouverture sur le monde, où Dieu a manifesté son amour (en envoyant le Fils) et le manifeste encore dans nos vies. Le fait que Dieu se soit fait homme nous invite à nous impliquer dans le monde, à nous mettre au service des autres et de l’Eglise. Un grand désir de lien (cohérence) entre notre vie et notre foi, entre ce que "nous croyons et ce que nous vivons", entre la prière et l’action, entre l’amour de Dieu et celui de notre monde. Le but de cette recherche ("chercher et trouver Dieu en toutes choses") est de pouvoir poser des choix librement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  1. Trouver Dieu en toute chose

Cette intuition spirituelle, St Ignace l'a découverte progressivement. Il l'a reçue aussi comme une grâce, le faisant découvrir une manière différente de prier à partir de tout ce qui faisait sa vie. Voici que disait, le P. Jérôme Nadal, qui fut durant de nombreuses années le confident de St Ignace : « Par un privilège insigne, le Père Ignace vécut cette manière de prier d'une façon très particulière. Et en outre, en toutes choses, actions, conversations, comme s'il sentait et contemplait la présence de Dieu et le goût des choses spirituelles, il était contemplatif dans l'action même. Ce qu'il avait coutume d'exprimer par ces mots : 'Il faut trouver Dieu en toutes choses' ». Trouver Dieu en toutes choses. Dieu nous invite à cela.

Toute notre vie est l'occasion de rencontrer Dieu, de découvrir sa présence, son action, de le suivre et de le servir. « En tout aimer et servir », résume le mode de vie des compagnons de Jésus. Que l'on prépare la cuisine, que l'on se prépare pour un examen, ou que l'on participe à une réunion entre copains, que l'on fasse un soin à un malade ou que l'on reste admirer la campagne au soleil couchant... Il n'y a donc pas - où il ne devrait pas y avoir - de distinction entre la vie ordinaire et la vie spirituelle. C'est toute notre existence qui est appelée à être vécue avec l'esprit de Dieu.

 

  1. Le Magis

 

Ad Majorem Dei Gloriam est communément traduite par: Pour la plus grande Gloire de Dieu. Il ne s'agit pas là seulement de la Gloire de Dieu, mais aussi et surtout de ce trait caractéristique de la spiritualité ignatienne, à savoir le Màs en espagnol, le Magis en latin, le Davantage en français, Al-Mazîd en arabe. En fait le 'majorem' latin ne devrait pas se traduire en français par 'la plus grande' gloire de Dieu, mais bien par "une gloire toujours plus grande de Dieu" et en arabe par "li tamjîd Allah tamjîdan a'zam". Une "gloire toujours plus grande", c'est le désir, la conviction et la détermination de glorifier Dieu qui ne s'arrêtent jamais, qui se poursuivent toujours dans la vie, dans un dynamisme sans cesse renouvelé dans les plus petits et les plus grands actes, sentiments et pensées de la vie humaine: "en toutes choses", comme aime à le dire Ignace. Finalement : glorifier Dieu toujours davantage, dans tout ce qui constitue notre vie humaine, l'infiniment grand et l'infiniment petit, le totalement caché et le totalement manifesté, le plus individuel et le plus social ou politique. "Chercher et trouver Dieu en toutes choses et toutes choses en Dieu" est un refrain ignatien; il est un style de vie, bien plus, une manière de procéder, un mode d'être qui sont caractéristiques de tout Homme ignatien animé par la dynamique du Magis.

Dans notre vie humaine faite d'instants qui se ressemblent, d'événements qui se répètent, de clichés qui s'amoncèlent, de morosité qui envahit nos personnes et nos sociétés, le Magis ignatien est là pour nous rappeler, par son étonnant dynamisme, que la vie est au-delà d'elle-même, qu'elle se surpasse toujours, qu'elle nous ouvre indéfiniment vers de nouveaux horizons.

Extrait d’une conférence du P. Fadel Sidarouss sj. « LE MAGIS IGNATIEN »

 

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